Introduction

Le Costa Rica fascine depuis toujours les voyageurs qui viennent s’y aventurer. La biodiversité, les paysages de rêve et l’accueil chaleureux des Costariciens font l’objet de nombreux reportages et peuvent donner l’impulsion de tout quitter pour venir s’y installer.

Les successives vagues d’immigration qui se sont déroulées durant les derniers siècles ont largement contribué à l’acquisition et la conservation des parcs naturels du Costa Rica. La conservation n’était pas une tâche facile à accomplir car la déforestation a permis de relier les deux ports avec la capitale et d’étendre considérablement la surface disponible pour l’agriculture et l’élevage. L’agriculture est assez controversée au Costa Rica pour l’utilisation très répandue de produits agrochimiques néfastes pour l’environnement et la santé publique. 

Le gouvernement du Costa Rica a observé les conséquences catastrophiques de la déforestation, de l’extraction d’énergies fossiles et de l’industrialisation dans d’autres pays du monde et favorise une autre stratégie. La reforestation, les énergies renouvelables, la gestion des déchets et le recyclage sont aujourd’hui des investissements majeurs engagés par le Ministère de l’Energie pour un résultat durable permettant de combattre les effets du changement climatique.

Le Costa Rica mise entre autres sur les jeunes diplômés universitaires pour porter les projets écologiques innovants de demain et permettre à la responsabilité écologique de devenir une tradition nationale.

Des refuges pour animaux, des fermes agroécologiques et certains parcs naturels accueillent des volontaires pour les aider dans leur mission en échange d’une expérience authentique.     



Histoire des parc naturels, protection et conservation de la biodiversité.

La réserve nationale du Cabo Blanco a été créée en 1963 par Olof Wessberg et Karen Morgenssen dans le but de conserver la forêt naturelle qui risquait de disparaître. Ce couple a réussi à susciter l’intérêt des organisations internationales et des institutions nationales pour financer le projet. La fondation de la réserve du Cabo Blanco marque le moment où le Costa Rica entame sa politique de conservation de l’environnement naturel, puisqu’il s’agit de la première zone protégée créée à cet effet.

Le Costa Rica a créé en 1970 son réseau de parcs nationaux, administré par le SINAC depuis 1994, il s’agit d’un département du ministère de l’environnement et de l’énergie chargé de l’entretien, de l’organisation et de la planification stratégique de toutes les zones protégées du territoire. 

Le SINAC est responsable de 29 parcs nationaux et de diverses réserves biologiques et forestières qui entrent dans différentes catégories de gestion. La Cordillère de Talamanca possède un grand nombre de ces zones protégées, y compris le parc international La Amistad, qui s’étend sur ce territoire et même sur le territoire panaméen, dans la péninsule d’Osa est le parc national du Corcovado, qui unique au monde, en raison du grand nombre d’espèces qui y vivent.

Quelques dates importantes:

Le bilan durable du Costa Rica en matière de protection de l’environnement a permis de réduire sa vulnérabilité aux risques naturels. Bien que la protection de l’environnement ait impliqué des compromis à court terme, notamment sous la forme pression accrue sur la disponibilité des terres, de nouvelles opportunités potentielles ont émergé favorisant un marketing éco-touristique de plus grande valeur.



Agriculture

L’agriculture costaricienne s’appuie sur la stabilité politique du pays, une croissance économique robuste et de bons services de santé et d’éducation. Le pays exporte de nouvelles cultures, comme l’ananas et l’huile de palme ainsi des cultures traditionnelles, comme le café et les bananes. 

Le Costa Rica est le premier exportateur d’ananas, avec plus de 50% du marché mondial.

La croissance d’import/export de produits issus de l’agriculture à plus que doublé entre 1995 et 2015. La superficie agricole totale est actuellement de 1 589 257 ha, ou

environ 31% de la superficie totale des terres (47% lorsque la superficie forestière sur les terres agricoles est incluse). L’expansion de la production d’ananas, de canne à sucre et d’huile de palme menace la biodiversité du Costa Rica en exerçant une pression accrue sur la biodiversité, empiétant sur les zones fluviales et conduisant à de nombreuses violations de la loi forestière .

Le gouvernement a pris des mesures en développant un programme de protection et conservation de la biodiversité.

Les plantations d’ananas s’étendent sur des surfaces immenses et subissent des traitements lourds de cocktails agrochimiques souvent obsolètes qui représentent un véritable danger pour la santé des employés, des villages, des cours d’eau et de la biodiversité. La dégradation des sols constitue un obstacle important à une croissance durable de la productivité. En 2000, Costa Rica était l’un des plus grand utilisateur de produits agrochimiques parmi les pays en voie de développement. Néanmoins, le pays a augmenté ses efforts pour réduire de près de la moitié l’utilisation des intrants. Le Ministère de l’Agriculture promeut des alternatives plus écologiques mais l’ananas est un géant économique et les mauvaises habitudes sont tenaces. Actuellement les limites officielles d’utilisation des pesticides sont encore insuffisantes et ne sont surveillées par aucune institution.

Dans le centre du pays les plantations de café et les maraîchers ont parfois recours à la reconversion biologique. Le Costa Rica est un précurseur dans ce secteur avec une première loi relative à la production biologique adoptée en 1995.

Néanmoins la production biologique reste limitée à environ 1,6% de la production totale dans le pays. En cause, une certification biologique payante dont le coût augmente significativement le prix des produits récoltés. Conséquence, le secteur de l’agriculture biologique limite sa clientèle par ses prix prohibitifs. Bien entendu, certains agriculteurs n’utilisant pas de traitement agrochimique refusent la certification à cause du coût. C’est pourquoi il est intéressant de discuter avec les agriculteurs sur les marchés… Vous pouvez avoir de bonnes surprises !

Le Costa Rica a une production biologique inférieure à celle de nombreux autres pays de la région à cause de marketing, de la distribution et de la commercialisation sous-développés et les nouveaux producteurs biologiques potentiels sont également découragés par le manque de services et de systèmes d’innovation les concernant.

Il est toutefois intéressant de signaler que le Costa Rica abrite également tout un mouvement de la jeunesse en direction de la permaculture, de l’agroécologie et des potagers urbains. Des graines d’espoir sont semées un peu partout dans le pays. 

La biodiversité du Costa Rica peut être utilisé comme ressource génétique pour créer de meilleures variétés avec une plus grande résilience au changement climatique. Le pays doit se préparer en améliorant l’application des réglementations sur les sols, l’eau et les infrastructures. Encourager

l’adoption d’un comportement respectueux et durable en renforçant la sensibilisation des agriculteurs à la vulnérabilité au changement climatique et leur proposer des solutions adaptatives.

Sources: 
Agricultural Policies in Costa Rica 2017 – OECD
Convenio sobre Diversidad Biológica 2014 – SINAC  
Estudios del Cambio Climático – UCR 



Reforestation

Entre 1800 et 1986, les déboisements successifs avaient laissés seulement 21% du territoire costaricien couvert de forêts, une tendance accélérée par l’expansion de l’agriculture et la croissance démographique. 

Les plus grandes périodes de déforestation se sont produites entre 1960 et 1979, avec environ 35 000 ha perdus par an, et entre 1979 et 1986, avec environ 39 000 ha perdus

par an.

Depuis 1986, contrairement à d’autres pays d’Amérique centrale et aux tendances mondiales, le Costa Rica fait des efforts considérables pour la reforestation de l’ensemble de son territoire. Le couvert forestier est passé de 42% en 1997 à 53% de la surface totale des terres en 2013. Comparé à d’autres pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, le Costa Rica est le seul pays qui a entièrement récupéré son niveau de couverture forestière de 1990 à l’exception du Chili, qui avait un taux de couverture forestière de 23%

Les programmes forestiers et de conservation ont joué un rôle essentiel dans le processus de reboisement. En particulier le programme FONAFIFO créé par la loi forestière 7575 en 1996, offre des paiement de services environnementaux aux propriétaires de forêts naturelles. 

Le reboisement est également encouragé par des programmes de formation.

Les producteurs sont formés aux pratiques de conservation des forêts et reçoivent une assistance technique pour la gestion des systèmes sylvo-pastoraux. 

Depuis le début des années 2000, la chute des prix internationaux de la viande, l’augmentation du tourisme et la migration vers les zones urbaines ont également facilité le processus de restauration des forêts. Actuellement environ 25% du pays sont sous certains catégorie de protection du SINAC, un facteur contribuant au succès du développement de l’écotourisme. 

Sources :
Estrategia de Turismo Sostenible – SINAC 



Énergie Renouvelable

Le Costa Rica génère son électricité avec des énergies renouvelables collectées et transformés par ses nombreux barrages hydroélectriques, centrales géothermiques, parc éolien, centrales de biomasse et centrales solaires. Le fournisseur national ICE est un établissement public d’électricité et de télécommunications qui axe son développement sur le respect de l’utilisation durable des ressources naturelles, sociales et économiques.

L’eau est la ressource principale du Costa Rica.

Grâce à sa topographie et ses pluies importantes, 66% de l’énergie du Costa Rica provient des centrales hydroélectriques. 

Prenant en compte les pertes d’eau par évaporation, infiltration et autres processus, l’eau disponible nette du pays est de 75 millions de mètres cubes par an. 

Plus de 90% des concessions d’eau en volume sont accordées au secteur agroalimentaire. 

La pénurie d’eau est une préoccupation majeure dans la régions du Guanacaste qui subit annuellement des sécheresses, des coupures et des restrictions d’utilisation de l’eau.

Depuis quelques années le Costa Rica souhaite promouvoir l’acquisition de véhicules électriques en installant de plus en plus de bornes de recharge mais ce réseau se concentre principalement autour de la capitale et peine à s’étendre jusqu’aux destinations reculées.

Les véhicules à hydrogène sont régulièrement mentionnés comme une excellente alternative aux combustibles et le pays reste attentif au progrès dans ce domaine.

Les pistes cyclables sont rares au Costa Rica mais les associations multiplient leurs démarches pour faire pression sur les autorités locales et intégrer des pistes dans les plans d’urbanisation de la capitale et sa banlieue. 

Sources: 
Calidad Agua Potable, Situación Actual y Perspectivas 2004 – AyA 
Plan de Expansión de la Generación Eléctrica – Grupo ICE 
Asociación Chepecletas



Gestion des Déchets, Recyclage et Zéro-Déchet

Au Costa Rica la plupart des foyers disposent d’un service de collecte des déchets.

Actuellement, sur les 4 000 tonnes de déchets solides produits quotidiennement dans le pays 3 000 tonnes sont recyclées, exportées ou arrivent dans des décharges. Malheureusement en l’absence de service de collecte ou par incivilité certains brûlent, enterrent ou jettent leurs déchets dans les cours d’eau. 

Le recyclage est au coeur des préoccupations du pays qui organise régulièrement des campagnes d’information dans les écoles, le centre-villes et aussi en zone rurale. Les pneus usagés des voitures sont parfois récupérés, peints, puis transformés en objets de décoration. 

Le mouvement mondial en faveur du zéro déchet prend son temps à se développer dans le pays et comme partout ne touche qu’une partie éduquée de la population. Les boutiques proposant des produits en vrac font une percée encore timide dans le pays et les prix restent prohibitifs pour une grande partie de la population. Au Costa Rica comme ailleurs le défi reste entier : comment impliquer la population à réduire son empreinte environnementale quand il est moins coûteux de ne pas s’en soucier ?

Sources: 
Estrategia Nacional de Separación, Recuperación y Valorización de Residuos 2016 – 2021 Ministerio de Salud 



Programmes Universitaires

L’ Université du Costa Rica ainsi que CATIE et Earth University proposent des parcours d’études supérieures donnant accès à un large éventail de professions liés à l’étude de la biodiversité, à l’agriculture, aux énergies renouvelables etc…

Les étudiants sont largement sollicités pour leur soutien dans les différents domaines de compétences liés à l’environnement. Ils apportent volontairement leurs contribution auprès de vétérinaires, de laboratoires d’analyses, de cabinets d’études et de main d’oeuvre qualifiée pour mettre en pratique leur enseignements et appuyer leur candidature à l’emploi.

Le pourcentage de Costariciens sans emplois reste stable à moins de 10%. 

Des arbres indigènes ou menacées d’extinction sont reproduits à la ferme expérimentale FESA de l’UCR à Santa Ana et vendus au public pour un prix symbolique. Les personnes qui achètent les arbres doivent vraiment s’engager à les planter et à en prendre soin, car la collecte des semences et leur reproduction impliquent beaucoup de travail, d’efforts et d’investissement en ressources.

Les personnes qui trouvent des graines des différentes espèces d’arbres menacées d’extinction ou qui reçoivent un arbre qu’ils ne peuvent pas planter peuvent les amener à la FESA.

Catie possède un parc botanique charmant envouté par le chant des oiseaux, le murmure du gigantesque arbre Guanacaste et de l’imposant arbre Ceiba. C’est un laboratoire pour les étudiants et  spécialistes qui étudient les espèces conservées. C’est également un site éducatif pour sensibiliser à la conservation, à l’utilisation durable et à la protection des ressources naturelles.

Vous y trouverez également de minuscules plantes parasites, orchidées, broméliacées, arbre boulet de canon, bougainvilliers, héliconias et des bambous géants .

Les bananes de Earth University sont cultivées sur le campus en utilisant des pratiques innovantes et respectueuses de l’environnement pour des fruits savoureux. La plantation de bananes est divisée en petites sections entourés de forêt, favorisant la biodiversité et des écosystèmes sains. Aucun herbicide n’est utilisé mais des micro-organismes, un fongicide biologique et un répulsif non-chimique à base d’ail et de piment sont appliqués avec modération. Les déchets de production sont convertis en papier et en compost. Un système innovant de drainage permet de réduire l’érosion des sols et prévenir la contamination de l’eau. Les bananes sont certifiées Rainforest Alliance et ont une croissance neutre en carbone. 

Sources : 
Statistical Compendium 2018 – Hacienda



Volontariat

Le volontariat est un accord d’échange ponctuel de quelques heures de travail par jour contre une expérience authentique, une acquisition de compétences, un hébergement et parfois les repas sont inclus.

Depuis l’émergence de sites tels que Workaway ou Helpx le Costa Rica souhaite durcir les lois qui encadrent ces pratiques tolérés et protéger les volontaires de pratiques trompeuses et abusives. En effet vous n’avez aucune garantie que votre hôte s’engage sérieusement aux conditions de votre accord et les sites Workaway ou Helpx n’interviendront pas pour vous porter assistance en cas de problème. Le volontariat est souvent confondu par les hôtes Costariciens avec de la main d’oeuvre gratuite et vous allez devoir payer pour un moindre confort et une alimentation variée. Attention aussi aux offres de volontariat à des postes de réceptionnistes d’hôtels par exemple car votre visa touristique ne vous permet pas d’effectuer un travail qualifié et vous risquez l’expulsion et l’interdiction d’entrée dans le pays pour un travail illégal.

Nous vous recommandons la prudence, la lecture rigoureuse des commentaires laissés par d’autres volontaires et de prendre contacte avec l’hôte pour poser toutes les questions lié à votre séjour. 

Il est recommandé par le SINAC d’opter pour l’une de ses offres de volontariat encadrées par une équipe et un programme en harmonie avec la nature. Vous allez devoir fournir un ensemble de documents et d’informations personnelles pour présenter votre candidature. Vous serez officiellement soumis à la réglementation d’un décret établissant clairement les conditions du volontariat et les responsabilités civiles.